Photo d'un olivier

Tendances et perspectives de la filière olive

Laurent Bélorgey, Président de France Olive, fait le point sur la filière olive.

Un bilan encourageant

Les récoltes 2017 et 2018, avec respectivement 6 000 et 5 300 tonnes d’huile d’olive, ont été encourageantes. La reconquête des marchés est en cours mais elle prendra du temps. Ce décalage entre le retour d’une production satisfaisante et la montée en puissance des ventes recrée des stocks nécessaires à la pérennisation des circuits de commercialisation.

Cette période est propice aux inquiétudes et c’est compréhensible. Les enjeux financiers sont importants et les trésoreries sont sur la corde raide. Mais n’oublions pas trop vite le passé et les progrès qui ont été faits. La production d’olives restera alternante car c’est dans la nature même de l’olivier et nous restons tributaires des aléas climatiques mais nous savons aujourd’hui prolonger la durée de vie de nos huiles d’olive en filtrant et en les conservant au froid.

En termes de valorisation de nos huiles d’olive, la marge de progression est faible tant nous avons progressé ces quinze dernières années. Cependant, la production moyenne du verger français est de 200 litres d’huile d’olive par hectare quand certains sont à 1000 litres par hectare. En atteignant 300 ou 400 litres par hectare, nous ne perdrions pas notre âme ni l’authenticité et la qualité de nos produits mais la rentabilité de nos exploitations serait très différente et la filière deviendrait encore plus attractive pour les jeunes et se porterait mieux dans son ensemble.

Toutes les étapes de la production d’olives sont des coûts fixes, y compris la plus coûteuse : la récolte. Avec le matériel actuel, la marge se trouve dans le nombre d’olives qui tombent dans les filets à chaque coup de peigne dans l’arbre. Tout l’enjeu est là.

Il faut poursuivre les efforts de productivité 

Pour y parvenir, il faut agir sur l’ensemble des leviers et les faire progresser de manière coordonnée sur le long terme.

Ces leviers sont connus : taille, amendement, protection sanitaire, irrigation (quand c’est possible) …

J’aime l’illustration de la loi des facteurs limitants par une barrique qui n’est pas possible de remplir plus que sa planche la plus courte. Si j’augmente mes amendements, je dois aussi tailler différemment et plus régulièrement pour augmenter ma production. Sur la protection sanitaire, la mouche reste le fléau le plus visible car il s’attaque aux fruits mais l’oeil de paon est plus insidieux et certainement trop sousestimé...

Chaque oléiculteur doit construire son propre itinéraire technique à partir de son sol, de ses conditions climatiques, de ses variétés, de l’âge de ses arbres… Des solutions pour se faire accompagner existent grâce au maillage des techniciens sur le terrain et les moulins, privés ou coopératifs, doivent continuer à s’impliquer.

Les équipes de France Olive sont mobilisées pour apporter des solutions aux producteurs en organisant des formations, en faisant intervenir des spécialistes étrangers pour confronter notre corpus technique et l’améliorer, en réalisant des expérimentations sur notre site du Mas d’Asport, en observant le comportement des vergers de référence, en finançant des recherches sur la pollinisation et sur la mouche…

La diffusion de cette information est un sujet majeur et elle doit encore s’améliorer. Le carnet de l’oléiculteur est le document de référence. La version 2020 sortira prochainement mais nous devons utiliser tous les canaux d’où la présence de France Olive sur les réseaux sociaux en complément du site web, des newsletters, des alertes SMS, du Nouvel Olivier, …

La récolte 2019 sera probablement inférieure aux deux précédentes, raison de plus pour déjà commencer à préparer la suivante, en pensant dès cet automne aux amendements, à la taille et à contenir l’oeil de paon.

Nous avons tout pour réussir, occupons-nous de nos oliviers !

Portrait Laurent Bélorgey