Photo filière fruits-légumes

Tendances et perspectives de la filière fruits-légumes

Pour les français, la qualité de leur alimentation est un sujet sensible. Ce sentiment se ressent surtout sur le marché des fruits et légumes frais. En effet, si les bienfaits de ces aliments sont une évidence pour les consommateurs, l’origine des produits et leurs modes de production sont sources d’inquiétudes.

En 2018, la quasi-totalité des Français ont conscience de l’importance des fruits et légumes. Ainsi, 89 % ont plutôt, voire tout à fait, confiance envers les légumes et 86 % envers les fruits. Toutefois, la filière fruits et légumes doit encore relever de nombreux défis :

Favoriser le changement pour une alimentation plus responsable

Santé, bien-être, naturalité, circuits courts mais aussi respect de l’environnement et de la biodiversité…, telles sont les attentes des Français vis-à-vis de leur alimentation. Dans ce contexte, les labels AOP, AOC, IGP et Label Rouge, garantissant des fruits et légumes issus du terroir ayant de bonnes conditions de production, restent vecteurs de réassurance, de traçabilité et de sécurité sanitaire.

Des démarches de contrôles et de progrès sont engagés régulièrement afin d’améliorer en permanence leur efficacité. Pour aller encore plus loin, la filière fruits et légumes cherche désormais à accélérer la transformation des systèmes agricoles et logistiques afin de favoriser un changement systémique des modes de production et de distribution.

Accroître la consommation de fruits et légumes chez les moins de 35 ans

La consommation des fruits et légumes frais est en baisse chez les français. Entre 2010 et 2016, elle a diminué de 11 % chez les adultes et de 16 % chez les enfants (étude CCAF CREDOC 2016). Afin de relancer cette consommation, de nombreuses initiatives sont mises en oeuvre par différents acteurs (sachets de fruits ou de légumes prédécoupés pour une consommation nomade et immédiate en grande distribution, création d’enseignes de jus de fruit frais dans les grandes villes, fruits et légumes de plus en plus souvent inscrits au menu des cantines…).

Par ailleurs, des start-ups proposent la commande de paniers de fruits et légumes sur internet livrés au bureau ou à domicile. D’autres vont proposer, afin d’éviter le gaspillage alimentaire, le « sauvetage d’un panier de fruits et légumes trop murs » vendus à un prix réduit ou, pour faciliter la consommation régulière, de prédécouper les fruits et légumes. 

Pour accompagner et soutenir cette tendance, la filière met en place de multiples opérations de communication collective interprofessionnelle auprès des consommateurs.

Lever l’inquiétude des consommateurs vis-à-vis des traitements chimiques

La perte de confiance envers les fruits et légumes s’explique principalement par l’utilisation abusive de pesticides. La France applique pourtant une des réglementations phytosanitaires les plus strictes au monde en ce qui concerne les pratiques culturales.

Aujourd’hui 98,6 % des produits contrôlés sont en conformité avec la réglementation en vigueur avec un niveau inférieur aux limites maximales applicables aux résidus (LMR) et 40 % sans résidus détectables. Malgré tout, les français ont toujours à l’esprit certains produits phytosanitaires tels que le chlordécone, le métam-sodium ou, encore plus récemment, le glyphosate.

Pour lever l’inquiétude des consommateurs sur ces traitements chimiques, de nombreuses initiatives sont engagées par la filière :

  • Mise en place d’une dynamique de réduction des pesticides dans la formation des opérateurs ;
  • Développement de la recherche collective (CTIFL et ANIFELT) sur les différentes méthodes de production combinatoire qui se développent (bio contrôle, numérisation des outils, robotique…) ;
  • Mise en place d’un encadrement sur l’utilisation des termes de type « sans résidus de pesticides » en collaboration avec les pouvoir publics.

Renforcer l’attractivité des productions françaises au sein des marchés internationaux

Les entreprises de la filière font face à un manque de compétitivité à l’export, notamment en raison des coûts de main d’oeuvre élevés et de leur absence de visibilité. Le secteur des fruits et légumes frais et transformés se doit d’innover encore et toujours pour renforcer et accroitre sa compétitivité.

Il est donc nécessaire de favoriser le développement des entreprises de fruits et légumes et d’accroitre leurs échanges en Europe et dans le monde. Pour cela, la filière travaille en permanence auprès des instances publiques et aide à une meilleure mise en avant de ces entreprises via des salons internationaux professionnels et via des programmes de promotion dans différents marchés en Europe ou dans d’autres pays.

Accélérer l’innovation technologique pour une filière compétitive et responsable

Un programme d’investissement important a été engagé pour répondre aux enjeux des filières spécialisées. Des équipements spécifiques pour travailler sur la qualité et la conservation des fruits et légumes, notamment en postrécolte, la mécanisation-automatisation, la robotique et le biocontrôle permettent d’amplifier les collaborations avec les entreprises innovantes et la recherche dans ces domaines. En outre, la filière fruits et légumes française est désormais un terrain privilégié d’utilisation des nouvelles technologies, du champ au consommateur (robots pour désherber ou récolter, appli Smartphone sur les produits…). 

Pour soutenir l’ensemble de ces actions, le CTIFL réaffirme son positionnement comme moteur de l’innovation au service de la filière fruits et légumes et apporte une expertise technique et économique, des activités de recherche et d’innovation, formation, animation et information. Il mène également de nombreuses activités à travers notamment ses centres d’expérimentation, situés au coeur des principaux bassins français de production de fruits et de légumes. Acteur-clé, le CTIFL répond présent pour ainsi faire le lien entre les professionnels et les consommateurs.